- ALBAN - LUCIE - JOSEPH - JEREMY - JULIAN - JULIEN - LAURE
- HELOISE - REMY - ROMAIN - DANY - HUGUES - NADETTE - VERA
témoignage d'alban

J'ai connu Pierre il y a maintenant sept ans. Nous nous sommes rencontrés en quatrième, dans une classe banale, d'un collège banal, à Corenc. Nous nous sommes très vite liés d'amitié. C'était tellement facile avec lui. Toujours souriant, plein d'humour, toujours présent lorsque l'humeur ou la joie n'y était pas. Ce n'était pourtant pas toujours simple pour lui. La vie d'un adolescent n'a rien de très heureux aujourd'hui. C'est peut-être pour cela que notre rencontre fut si facile.
Nous avons passé plusieurs années ensemble. Je pense d'ailleurs que certains habitants du Chemin des Résistants se souviennent encore de notre passage, après avoir retrouvé une certaine quantité de marrons dans les pots d'échappement de leurs voitures. Mais au-delà de toutes les aventures que peuvent vivre deux adolescents de 15 ans, il y avait une passion qui nous liait. Celle de la montagne. Du moins, c'est ce que je croyais au début. Car pour Pierre, l'alpinisme représentait bien plus qu'une passion. Je n'ai jamais su comment, ni à partir de quand la montagne est entrée en lui. En tout cas, je me suis rendu compte, après plusieurs années que c'était devenu pour lui un absolu.
Pierre était perfectionniste. Un rêve devait être réalisé. Le meilleur exemple qui me vienne à l'esprit est l'expédition qu'il a organisé en Equateur avec Joseph, pour gravir un Chimborazo culminant à plus de 5000 mètres. Entre demande de subventions et tentatives de sponsoring, dans un dédale administratif où l'on se perd tellement facilement, lui y est allé jusqu'au bout. Là où je n'ai pas parié un kopeck sur ses chances de réussite, lui a pu toucher le ciel du bout des doigts. C'est sûrement à cette époque que je me suis rendu compte que, beaucoup plus qu'une passion, un idéal l'habitait.
Pour preuve, je vous citerai ce poème de Charles Baudelaire, « Elévation » :

« Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaîment l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides,
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leurs poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins.

Celui dont les pensées, comme les alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
qui plane sur la vie, et comprend sans effort
le langage des fleurs et des choses muettes ! »

Pierre a connu ce bonheur. Et ce bonheur a dû être décuplé à travers cet idéal. Mais il est intolérable de mourir à vingt ans, même lorsque l'on vit ses rêves. C'est pourquoi je garderai toujours cette image de Pierre, le bonnet vissé sur la tête, les pieds enfouis dans la neige, et le regard porté vers le ciel, en pensant : « toujours plus haut ».

 

[HautPage]

 

Mots de Marie-Jo et Jean-Pierre


Récit du Docteur L.Nivet sur les circonstances de l'accident
 
TEMOIGNAGES
 
CEREMONIE
MUSIQUES ET TEXTES
 

CARNET DE ROUTE
TEXTES, RECITS, COURRIERS


LISTE DE COURSES
 
ALBUMS PHOTOS
 
EXPEDITION EN EQUATEUR
 

Envoyer un mail à Marie-Jo et Jean-Pierre

 
PAGE PRECEDENTE