| témoignage
dE HUGUES
A Pierre
et pour ses parents
Quand je pense à
toi, il me revient l’échelle
au fond du jardin comme un pont entre Manu
et toi, entre nos deux maisons, un pont
que tu pouvais franchir quand le cœur
t’en disait ! Alors tu arrivais sans
bruit, délicatement : « Manu
est là ? » Avais-tu peur de
déranger ? Je ne sais pas, mais tu
arrivais toujours sans déranger,
sans t’imposer, dans un silence habité
seulement de ton désir de jouer avec
Manu. Vous restiez des heures. Je n’ai
pas le souvenir que vous vous embêtiez
comme le font souvent les enfants. Sûrement
tu devais déjà savoir à
quoi tu voulais jouer en arrivant et c’était
toi le plus moteur dans vos jeux avec Manu.
Tu ne disais que des paroles nécessaires
et mon dieu, comme c’est une qualité
rare de nos jours !
Je t’ai connu enfant,
mais je n’ai pas connu le jeune homme
que tu étais devenu. J’ai su
que tu étais passionné de
montagne et cela m’a fait plaisir
pour toi : pas pour la montagne mais pour
la passion, car il m’apparaît
qu’être passionné est
la plus belle chose qui puisse arriver à
un être humain, et toi tu l’étais.
Petit Pierre, dans un moment
si difficile pour tes parents, c’est
tellement important d’évoquer
tes qualités et les secrets de ta
présence apaisante. Je t’ai
connu contagieux de paix et je t’en
remercie. C’est cela qu’il faudrait
retenir de toi, c’est ce qu’il
devrait rester un jour dans nos esprits
quand nous t’évoquons, les
qualités uniques de ton être.
Le papa de Manu
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