| Témoignage
de JEREMy
Il a des
gens qui vous laissent indifférents
et d’autres avec lesquels le courant
passe immédiatement. Pierre était
de ceux-là.
En effet, alors que nous étions en
seconde et que l’on grimpait, nous
avons tout de suite sympathisé. Pierrot,
comme on l’appelait, était
quelqu’un qui en voulait.
Il s’adonnait à sa passion
avec vigueur et était prêt
à tout pour progresser.
Alors que Pierre débutait l’escalade
grâce à moi comme il disait,
il y a un an je commençais l’alpinisme
grâce à lui.
Tout de suite les mêmes envies se
firent ressentir, en gros cela se résumait
à se faire plaisir. Pourtant Pierre
avait un rêve ou plutôt peut-on
dire un but, réaliser la liste de
courses pour le probatoire de guide.
A qui n’en a-t-il pas parlé
? Tous ceux qui le connaissaient, le savaient,
qu’ils soient grimpeurs ou non.
Pierre savait nous faire partager sa passion
et cela pouvait durer un certain moment
si l’on ne l’arrêtait
pas.
C’est cet été, durant
cette saison d’alpinisme, que j’ai
vraiment appris à le connaître.
Les courses avec Pierrot se déroulaient
bien. Seul problème, ne pas le laisser
toucher à la corde le matin sous
peine de perdre un certain temps à
la démêler.
La Meije. Tout le monde le
sait, c’était son sommet de
prédilection.
Le jour où il me téléphona
pour cette ascension, je réalisais
enfin l’importance de cette amitié
qui était née depuis déjà
quelques années. Le fait qu’il
me demanda de venir avec lui était
pour moi le déclic, une prise de
conscience de la confiance qu’il m’accordait.
De souvenir, je l’ai souvent, voire
toujours vu heureux. Alors que l’on
discutait de la vie que l’on avait
chacun de notre côté. Il me
dit : « Tu sais, chez moi je suis
comme un prince ». Pierre aimait ses
parents et ses proches, il en était
fier.
L’image que je garde de lui est quelqu’un
qui avait la joie de vivre, qui profitait
de la vie.
On avait quelques projets
ensemble, j’aimerais qu’il sache
que ceux-ci ne resteront pas que des pensées.
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