Témoignage de Julian - suite [Retour]
Couloir des Italiens 26/06/05
Le Pierrot bosse à la piscine mais
il est plus motivé par sa liste de
guide que par la récupération
de Tampax usagés dans les toilettes
de la piscine (tout un programme !). Julio
(Julien Dagand, un copain de la fac) nous
parle de ce couloir qui est situé
dans sa Vanoise natale. Bamos pour «le
Couloir des Italiens» à la
Grande Casse. Il ne se joint pas à
nous (dommage !) car il a peur de pas avoir
le niveau technique. Nous bivouaquons à
proximité du refuge afin de faire
des économies (économies de
bouts de chandelle comme dit Jean Pierre
mais économie quand même !).
La journée du lendemain s’annonce
superbe, le ciel est étoilé.
Lever minuit, départ 30 minutes après.
On remonte le glacier guidés par
la pleine lune jusqu’au col de la
Vanoise pour passer côté face
nord. On vient juste de faire l’approche
et on est déjà «pétés».
Il va falloir se motiver. Le couloir est
en glace, il faut être vigilant mais
Pierrot vient de faire «le Piaget»
avec Gégé. Il est à
l’aise. A 7h, nous arrivons sur l’arrête,
le soleil se lève sur l’Aiguille
de la Vanoise. Pierre repère la Meije
et me dit «et ça là
bas, c’est quoi ? c’est du miel
des Vosges» : il a entendu cette expression
dans un film, et la replaçait à
chaque fois qu’il apercevait la Meije,
par exemple en montant de Grenoble au niveau
du barrage du Chambon où l’on
aperçoit un minuscule bout de la
Meije. La redescente est épique dans
une neige croûtée qui casse
à chaque pas, puis la marche dans
la vase au bord du lac (encore une idée
de raccourci merdique du père Julian
!).
peace
and love 30/07/05
Je suis chez vous pour quelques jours à
Villar d’Arène. Je suis motivé
pour grimper, Pierrot n’a pas mis
les chaussons depuis longtemps, il trouve
la voie un peu dure mais finit par accepter
mon projet (Pierre n’avait pas vraiment
apprécié notre tentative précédente
en aout 04 mais il me dit «ça
fera toujours une grande voie pour la liste»).Nous
nous rendons au départ de la voie
à gauche de la cascade de la Pisse.
Pierre retrouve des sensations dans la voie,
passe en tête, tombe, réessaye
le passage puis se bat jusqu’au bout
pour «sortir la voie». Arrivés
sur le plateau, nous descendons tranquillement
à la voiture et Pierre fait le guide
touristique pour m’expliquer la topologie
du plateau. A la nationale, nous faisons
du pouce pour remonter du barrage jusqu’à
la cascade mais on devait trop «sentir
le chacal», personne ne nous a pris.
«
beaux quartiers à l’aiguille
du Lauzet », « Meije, Rateau
depuis les Hyères » et «
Pic Gaspard face nord » le 27, 28,
et 29 aout
Je viens de finir le boulot, et je monte
donc terminer les vacances à Villar
d’Arène. Avec le Pierrot on
essaye bien de donner un petit coup de main
à la vie quotidienne mais faut dire
que pour allumer le barbecue on n'est pas
très écolo : 1grillade = 2kg
de charbon de bois + 2l d’alcool à
brûler. Je crois que ça défie
les lois de la physique. Heureusement qu’avant
de partir en montagne, il y la tantine ou
Marie-Jo pour nous faire de la tourte !
Nous décidons d’aller en grande
voie à l’Aiguillette du Lauzet,
étant donné que les conditions
en montagne étaient incertaines.
Départ de Villar sous la pluie, «de
l’autre côté du col,
c’est pas le même temps».
Au début le théorème
est vérifié mais au bout de
3 longueurs c’est descente en rappel
à vitesse «grand V» sous
la pluie puis plat-cul dans la boue dans
la prairie. Le lendemain, je fais des photos
de bon matin de la Meije, du Rateau, et
de Villar d’Arène depuis Les
Hyères. Le Pierrot roupille comme
une marmotte quand je reviens : c’est
ça de regarder «New York 911»
jusqu'à point d’heure !
On s’est pris «un but»
dans Beaux Quartiers la veille, il faut
y retourner. Le 29 août, il fait grand
beau, direction le Lauzet. Approche rapide,
grimpe en réversible, beau vol pour
le Pierrot dans une fissure à l’ancienne.
Plus de peur que de mal, il repart et sort
la longueur. Les dernières longueurs
sont «démentes» sur un
calcaire «à gouttes d’eau».
A la descente les bouquetins nous attendent.
Nous discutons avec des espagnols (en anglais
s’il vous plait). Des espagnols qui
parlent anglais, des français qui
parlent anglais comme des vaches espagnoles
ça fait un savant mélange
!
Tchao Pierrot, mon gosse,
mon frangin, mon poto !
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