| témoignage
de Julien Bonjour,
Je suis
Julien et je voulais vous adresser un petit
mot qui, je l'espère, permettra de
perpétuer le souvenir de celui que
je considérais comme un ami et qui
est parti trop tôt, trop brutalement.
J'ai connu Pierre en deuxième année
à l'U.F.R.A.P.S. de Grenoble. Il
avait encore les cheveux longs à
l'époque, il me semble. Au premier
mot que nous avons échangé,
j'ai remarqué qu'il nourrissait la
même passion que moi pour la montagne,
sauf que lui la pratiquait, chose que moi
je faisais très modestement, n'ayant
personne dans mon entourage pour m'initier.
Au fil du temps, nous avons appris à
nous connaître spécialement
en tant qu'étudiants puis naturellement
en tant qu'amoureux de la montagne. Ceci
n'a pas été difficile car
Pierre me faisait part volontiers de ses
sorties et cela me plaisait beaucoup. Il
avait le contact facile le Pierrot donc
ça ne pouvait que coller avec moi
!!!
C'est à la fin de cette deuxième
année d'études que Pierre
et moi avons tissé le plus de liens.
Nous commencions à avoir quelques
projets ensemble, certes modestes car je
débutais. Alors nous parlions Râteau,
Dôme de neige des Ecrins, Meije orientale.
Des sommets qui me font rêver, moi
qui ne connais pas ce qui s'y trouve. Alors
Pierre me racontait - petite évasion
entre deux cours - mais moi j'y pensais
ensuite pendant trois nuits !!!
Je considérais donc Pierre comme
une mine, celui qui pouvait me raconter
comment c'était, celui qui l'avait
fait. Mais ce Pierre-là n'était
pas inaccessible en haut de sa montagne
: je le sentais très près
de moi quand on parlait montagne, il me
faisait partager ses expériences
sans être "prétentieux".
C'était toujours de bon coeur qu'il
me conseillait. Et finalement, nous avons
commencé à faire ces quelques
projets dont je vous parlais plus haut.
Viennent alors les grandes vacances, ce
qui rime avec "boulot" pour moi.
Mais j'avais une petite semaine de libre
entre juillet et août. Pierre m'a
donc invité très gentiment
à venir à Villar pour ma première
course : le Meije orientale !!!!! Je jubilais,
trop bon ! Pierre était celui qui
allait enfin m'élever. Merci Pierre.
J'arrivai donc à Villar où
je trouvais une maison chaleureuse, des
parents qui m'accueillirent royalement et
une famille à côté avec
qui nous avons fait un petit repas très
sympa (vin et compagnie !!!!!). Merci les
parents, cette semaine passée à
Villar avec la Meije et le Pic de l'Homme
en toile de fond, ont à jamais allumé
une flamme en moi !
Nous avions donc décidé avec
Pierre de ne rien faire le premier jour
car il fallait que je me remette un peu
en forme (je faisais les postes au boulot).
Le départ pour le refuge de l'Aigle
était donc prévu pour le surlendemain.
Génial ! Le lendemain, petit point
météo : la glace est impraticable
pour un débutant comme moi. Rasoir
!!! L'alternative sera donc le Râteau.
Pierre ne l'a jamais fait, super ! on sera
deux, Pierrot ! Le lendemain, nouveau point
météo : temps clair mais vent
du nord à 3000 ce qui rend la course
difficile, en plus des cumulus qui pourraient
nous aveugler.
Nous nous retrouvons donc devant la terrible
réalité : nous ne pourrons
pas faire de course pendant mon séjour
à Villar. Le temps s'ouvrait donc
devant nous comme un temps infini, sous
la pluie, le vent... Mais ce fut l'occasion
pour nous d'apprendre à nous connaître
en dehors de la fac : Michou nous voyait
arriver deux fois par jour à la Grave
et nous servait automatiquement deux demis
que nous savourions émerveillés
par la superbe Meije. Les discussions allaient
bon train entre montagne et fiesta. Merci
la vie !
Nous avons quand même profité
des quelques éclaircies pour grimper
au Pied du Col et faire de la via.
La semaine terminée je reprenais
le boulot péniblement après
cette excursion en montagne.
La troisième année commença
et Pierre était avec moi en filière
prof. d'école. TOP. Nous nous sommes
mis ensemble pour travailler notre pédagogie
pendant tout le premier semestre. Nous passions
alors beaucoup de temps ensemble et je m'apercevais
vite que ce gars ne pouvait être qu'un
ami et moi un des siens.
Alors arrivèrent ces dernières
vacances qui t'ont vu partir. Cette relation
que nous avons eue devait se terminer en
si bon chemin. Pierre ! je ne t'oublierai
pas et encore merci pour tout ce que tu
as pu me raconter. Tout ce que tu as pu
me conseiller. Je suis encore novice Pierrot
! et je n'ai personne avec qui partir en
haute montagne, je te jure Pierrot ! tu
me manques à la fac et dans ma vie.
Merci Marie-Jo et Jean-Pierre. Votre fils
fut un ami, une idole pour moi. Et merci
pour ces super vacances à Villar.
Julien VELLA.
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