| témoignage
de ROmain
J'ai connu
Pierre en deuxième année et
plus particulièrement par l'intermédiaire
d'un ami commun (N. C. qui fait de l'escalade).
Nous étions en Danse ensemble mais
pas dans le même groupe, bref déjà
dans ces moments de franche camaraderie,
je compris que Pierre n'était en
aucun cas quelqu'un d'ordinaire. Nous avons
passé ensemble toute la 2ème
année dans les même activités
: musculation, danse, natation .... Ces
moments étaient pour moi extraordinaires
car nous étions, moi et Pierre, les
principaux acteurs des délires du
groupe. On se démarquait des autres
par notre humour complice et notre folie
de l'extravagance… Nous formions avec
N. déjà un noyau dur mais
par la suite, ma complicité avec
Pierre s’est accentuée en troisième
année lorsque que N. a redoublé.
Pierre était pour
moi un frère. Nous étions
liés comme les deux doigts de la
main. Si les gens croisaient Pierre, ils
se doutaient que je n'étais pas bien
loin et vice versa. Nous étions toujours
assis l'un à côté de
l'autre en cours, et si jamais il arrivait
en retard nous avions des signes distinctifs
comme des sons pour s'appeler dans les amphis.
Sinon je lui réservais toujours sa
place à côté de moi.
En dehors des cours, nous mangions quasiment
tous les midis ensemble. Il me racontait
ses exploits du week-end et sa vie privée
; et moi je lui disais mes résultats
de course - en triathlon. Nous étions,
je pense, très fiers l'un de l'autre,
et de nos exploits.
Je vous écris quelques
pensées qui me viennent subitement
à l'esprit mais ce ne sont que des
gouttes d'eau par rapport au lac qui reste
ancré dans mon esprit. J'ai toujours
été là pour Pierre,
que ce soit d'un point de vue scolaire (je
vérifiais toujours ce qu'il faisait
pour qu'il ne se trompe pas et si jamais
il n'avait pas compris quelque chose, j'étais
toujours là pour lui)… ou d'un
point de vue moral (lorsque certains jours,
il n'était pas sûr de lui je
le rassurais en lui disant que tout allait
bien se passer). A l'inverse, Pierre fut
aussi toujours présent pour moi dès
que j'avais un souci ou un problème
je savais qu'il allait m'aider à
le résoudre. Nous étions complices
tout simplement.
Le jour où j'ai appris
son décès, j'ai reçu
un coup de poignard au plus profond de mon
cœur. Qui avait pu m'enlever mon ami,
mon Pierre si fort et aussi robuste qu'un
rocher? Je me suis écroulé.
Pour moi la vie était injuste. Comment
revenir en cours sans Pierre lorsque, pendant
2 années il a été à
mes côtés? Les premiers jours
furent horribles mais mon amie Ch. m'a soutenue
du mieux qu'elle a pu et mes parents m'ont
entouré ainsi que ma petite amie…
afin de limiter ma tristesse. Mais ce fut
dur et le seul remède que j'ai trouvé,
passa par une augmentation de ma pratique
sportive pour essayer d'oublier.
Je dois vous laisser, demain
je dois me lever tôt. Nous nous sommes
déjà rencontrés une
fois : vous nous aviez croisés, moi
et Pierre en face du musée de Grenoble
à la station - essence et je suis
monté dans votre voiture pour que
vous nous emmeniez dans le centre ville
où je devais acheter un livre d'anglais
avec Pierre…
Voilà la formulation
de mon texte reste à désirer
mais l'important pour moi réside
dans le contenu.
A bientôt.
Romain C. (UFRAPS)
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