| De
: froment pierre
À : BOURRIOT-FROMENT <MJ.FROMENT@wanadoo.fr>
Date : mardi 23 juillet 2002 11:39
CHIMBORAZO, JE TE MAUDIS
! lu
par Joseph
Salut papa, maman et
tout le monde.
Hier, j'étais au Cotopaxi avec Jo
et José Luis, notre guide équatorien.
Réveil à minuit, départ
à une heure du matin. Au début
tout le groupe marche ensemble, puis on
cramponne.
Sylvain prend avec lui un couple, Michelle
et Pierre. Un guide équatorien, Franchesco
est parti une heure avant nous avec Catherine,
la plus faible du groupe, pour qu'elle ait
le temps d'arriver au sommet.
Il y a encore deux cordées sans guide
car les dirigeants, Stéphane et Thierry
sont très expérimentés.
Pour doubler tout le monde, José
nous fait couper la trace et nous fait passer
en plus dans un mur de glace. On utilise
donc la lame du piolet et les pointes avant
des crampons. Ce poil de technique en plus,
à plus de 5000 m me ravit mais me
fatigue.
La montée qui suit est longue et
fatigante, José marche à fond,
vers le sommet on s'arrête toutes
les deux minutes. Et enfin nous y sommes.
Nous avons mis 6h alors que les autres ont
mis 6h30. La vue du cratère est splendide.
José parle très bien français,
et prête son portable à Joseph
qui appelle son père du sommet du
Coto. Et oui ! en Equateur, avec un portable,
on peut téléphoner de n'importe
où.
Je n'ai pas mal à la tête.
Et puis on décolle car il fait très
froid. En arrivant au Refuge, je suis fatigué.
Mais pas autant qu'au Pelvoux. Je pourrais
encore marcher mais je commence à
tituber. José me dit, "le mont
Everest est 50
fois plus dur". José nous quitte,
cela fait trois jours que nous sommes avec
lui, il me donne son adresse e-mail.
Catherine me dira plus tard qu'il était
très content de faire le Cotopaxi
avec des jeunes comme nous et qu'il s'est
bien amusé dans la glace. Cela lui
a redonné de la vigueur, car il a
perdu son père, il y a peu de temps.
Transfert en bus à Baños.
Une journée de repos va nous faire
du bien.
Je dis à Jo, "il nous reste
le plus dur".
Le soir à l'hôtel, il y a à
l'entrée une photo du Chimbo. Je
demande à Sylvain
par où on va passer : « on
verra au repas ».
Au repas, il nous annonce qu'il a passé
3/4 d'heure au téléphone avec
un guide d'Allibert qui en revenait tout
juste. "Les 2/3 de la montagne sont
en glace, la montagne est trop difficile,
on n'ira pas..."
On pourrait y aller mais pour cela, Sylvain
est obligé de choisir ceux qui iront
car certains sont trop faibles techniquement.
Les 4 qui pourraient y arriver sont Stéphane,
le plus fort du groupe,- plus que Sylvain
-, Thierry, Jo et moi. Mais Sylvain trouve
cela injuste que 4 fassent le sommet et
que les 6 autres attendent au refuge,- ce
que je comprends -, cela pourrait entraîner
des tensions dans le groupe, où nous
nous entendons bien.
Je pleure et passe la soirée dans
la chambre, Bruno, un membre du groupe,
- le plus sympa - vient me consoler.
L'ascension sera remplacée par le
Cayambé, 5790 m. C'est une course
plus dure que celle du Chimborazo dans des
conditions normales.
Aujourd'hui, ça va mieux, car le
Cayambé est coté AD (assez
difficile), au dessus de 5000, cela promet,
même si on est déçu,
on ne rentrera pas bredouille. Le Chimbo
normalement PD (peu difficile) est actuellement
TD (très difficile). Il nous aurait
fallu beaucoup plus de temps. Je suis content
d'avoir rencontré certains membres
du groupe car des choses sont prévues
pour la saison. Je vous parlerai de cela
au retour.
Ciao
Pierre
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