- Chanson pour Pierrot Fabien PASSARO, Emmanuel BAZOGE (Equipe départementale FFME)
- Courrier de Pierre à ses parents : Chimborazo je te maudis !... lu par Joseph BRUNET
- Cascade de glace, lettre à Fred lu par Fred AUVET (Responsable FFME)
- Récit d'une ascension : la Meije lu par Jérémy BENSA

- Témoignage de Xavier CRET à la Chapelle de Villar d'Arène
Témoignage de Claude Del Vigna

Je ne connaissais pas Pierre. N’habitant plus Grenoble depuis quinze ans, je ne l’ai vu que deux ou trois fois. Mais je connais ses parents d’amitié, Marie-Jo, sa mère, depuis les bancs de l’université. Aussi, est-ce tout naturellement vers eux que vont ces quelques mots.

Dans « La grande peur de la montagne », Charles-Ferdinand Ramuz constatait que « le ciel fait ses arrangements sans s’occuper de nous. ». Il n’avait peut-être pas tort. Pierrot est mort subitement alors même que sa mère connaît depuis peu l’agression de la maladie. Le lendemain du jour de l’An, Marie-Jo, tu me téléphonais pour les vœux. Tu me racontais tes ennuis de santé et, en même temps, me faisais part de la passion de Pierrot pour la montagne et de l’inquiétude presque constante qu’elle te causait. D’autant que ton passionné, déjà très aguerri, de fils projetait un 7000m dans l’Himalaya, histoire d’enrichir le livre enthousiaste de ses exploits. « C’est une folie », me disais-tu, « je ne pourrai pas l’empêcher » et tu cherchais d’ailleurs la personne susceptible de l’en dissuader. Pierrot est mort deux jours plus tard dans cette montagne qu’il affectionnait tant.

Les années s’ajoutant, nous sommes ici certains à qui la mort devient lentement familière. Mais pas celle d’un garçon de vingt ans ! La mort à vingt ans ne s’inscrit dans aucune continuité, elle est, aux yeux du monde, un gaspillage. A Pierrot, il restait tellement de choses à vivre. A ses parents, elle brise la perspective d’Histoire qu’ils avaient eue à travers lui de « continuer le monde ». De ce rêve cassé, Victor Hugo s’est fait le témoin après la mort de Léopoldine :
« Lorsqu’on a reconnu que cet enfant …
… est la seule joie ici-bas qui persiste
De tout ce qu’on rêva,
Considérez que c’est une chose bien triste
De le voir qui s’en va ! »

Marie-Jo et Jean-Pierre, j’ai un espoir, presque une demande, à formuler. Je le fais avec affection et compassion. L’espoir que vous trouviez les forces d’éloigner de vous non pas le déchirement et la douleur de l’absence, mais ce que George Bernanos nommait « la paix terrible des âmes refusées ». Il ajoutait qu’elle était « la forme la moins humaine du désespoir ». Puissent les gestes que nous faisons aujourd’hui avec vous y contribuer.

 

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