Texte De
pierre : La meije lu
par Jérémy
Départ ce samedi matin
de la Grave pour acheter le billet collector
du téléphérique. On
fait "les chauds" et on laisse
la porte ouverte.
On arrive à la gare puis au pied
de l’Enfetchore où Xav. vient
d’attaquer avec des clients. On essaye
de les suivre mais on se trompe dans l’itinéraire.
Finalement on les rattrape au sommet de
l’arête.
On passe la brèche sans souci en
crampons : Gégé est très
à l’aise.
On se réveille à 3h30, on
saute dans le baudrier : on est les premiers
à partir. Erreur tactique : on fait
un léger crochet à droite
et tout le monde nous double. On se retrouve
à faire la queue au Pas du Crapaud.
Puis on prend pied sur l’arête.
Mon but est de ne pas me laisser distancer
pour ne pas nous perdre dans la Muraille
Castelnau.
Nous passons les cheminées
qui nous mènent au couloir Duhamel.
Puis nous faisons une pause : le rythme
imposé nous fait transpirer.
Nous laissons passer la dernière
cordée. Gégé a un coup
de barre : je reste en tête.
Je me paye l’onglée dans la
Dalle Castelnau. Nous franchissons les vires,
la cheminée et la Dalle des Autrichiens
puis le Pas du Chat, tout cela sans trop
de problèmes. J’assure Gégé,
il me rejoint : je pense au chemin qu’il
nous reste à parcourir…
Il y a une vire entre le Pas du Chat et
le Glacier Carré. Il y a de la glace
dessus. Sans faire attention, je glisse
dessus : j’avais déjà
fait cette erreur au Couloir des Italiens
: je manque de passer à la baille.
Nous remontons le Glacier Carré avant
d’attaquer la Tour de la Meije.
J’ai commencé à fatiguer
sous le sommet . Gégé reprend
la tête de la cordée et arrive
au sommet. On descend en rappel.
Je me rappelais qu’on en avait fait
trois avec Xav. Ici on en a fait quatre
: de peur de se retrouver en bout de corde.
On arrive à la brèche Zigmondy.
La cordée qu’on a laissée
passer devant est en train de se battre
dans le mixte.
Gégé continue en tête
: il est très à l’aise
crampons aux pieds. J’en chie un peu
pour redescendre au relais précédent
la goulotte de remontée.
Nos prédécesseurs n’utilisent
pas la corde et préfèrent
rester sur le câble qui passe dans
le rocher : sous prétexte qu’il
ne reste que trois torons à la corde.
Le premier met dix minutes. Nous attendons
péniblement au relais. Le second
part, Jérémy le suit. Mais
il n’arrive pas à franchir
le passage en rocher (le second). Je suis
au relais : cela fait vingt minutes que
j’attends. Gégé est
vaché au câble.
Finalement il aide le second qui finira
par passer.
Gégé finit la première
longueur puis effectue la deuxième.
J’arrive à la première
Dent Zigmondy bien fatigué.
Gégé est en forme : il est
impressionnant. Nous arrivons à la
deuxième Dent, tirons un rappel.
Puis nous faisons une courte pause. Nous
montons à la troisième Dent.
Je commence réellement à être
épuisé. Je suis moins lucide
: je fais un effort pour rester concentré…
Nous arrivons au sommet de la quatrième
Dent, d’où nous effectuons
un rappel. Puis nous montons au sommet du
Doigt de Dieu.
L’autre cordée nous rejoint
et nous faisons deux rappels en cascade.
Nous traversons un bout d’arête
avant d’effectuer toujours en cascade
les deux derniers rappels qui nous conduisent
en dessous de la rimaye…
Ouf… Il est 17h, voila plus de douze
heures qu’on a attaqué.
A 18h nous arrivons à l’Aigle
où nous nous restaurons et signalons
notre arrivée.
A la Vire Amieux j’appelle mon père.
Nous descendons aux névés
par des vires. J’ai mal aux jambes
et aux genoux.
Finalement nous arrivons
au pied du col à 21h30 après
17h30 de combat. Mon père nous attend,
il nous observait descendre.
La Meije
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